Pour l'arrivée du printemps, TroisTemps a voulu mettre un petit coup de projecteur sur toutes ces initiatives qui fleurissent aux quatre coins de la planète pour mettre l'art au service de messages responsables et citoyens. Portés par des entreprises, des écoles d'art, des pouvoirs publics ou par des entrepreneurs fous, ces actions tendent à nous rappeler que là encore l'art et les artistes ne sont pas en reste et qu'il est inutile d'opposer art et environnement. Plus que jamais, l'un et l'autre se nourrissent.
Un festival pour la communication responsable
C'est au festival européen de la communication responsable qu'on trouve regroupées certaines de ces initiatives. Ce festival, lancé par 2C associés en 2007, s'est tenu en septembre dernier sur l'archipel des Embiez dans le Var, clin d'oeil à une nature préservée, en ligne de mire des campagnes de communication mises à l'honneur. Sur la forme d'abord, cet événement a choisi celle du festival, empruntant son cadre aux événements artistiques et créant ainsi un rendez-vous de trois jours pour les professionnels, entre tables rondes, conférences et happenings divers. Inutile de dire que s'il se pérennise, ce festival ne pourra qu'en appeler à la complicité d'artistes engagés sur le terrain. Pourtant, le festival ne vient que confirmer une tendance qui se développe partout dans une explosion créative réjouissante.
Quand la forme sert le fond
Ainsi, on a pu voir la création des étudiants de la School of Visual Arts de New York en appeler à la solidarité avec les personnes handicapées. Si le fait d'utiliser des lieux publics (métro, gare, centre commercial...) comme support publicitaire n'est pas nouveau, le dispositif inventé par les étudiants plaçait directement les escaliers du métro new yorkais au coeur du message. En effet, un visuel représentant l'Everest sur les marches du métro témoignait de la difficulté rencontrée par les personnes handicapées face à ce type d'obstacle urbain. On pouvait y lire le message suivant : « For some, It's Mt. Everest. Help build more handicap facilities. » A la fois ludique et efficace, l'oeuvre urbaine reflète l'importance de penser message et support dans une communication responsable et ciblée et légitime l'approche artistique, nourrie des polémiques autour de la relation contenu-contenant.
Un laboratoire pour le futur
Ainsi, l'art s'invite de plus en plus volontiers dans les projets d'urbanisme. Comme en témoigne le Anyang Public Art Project, festival coréen, qui convie des artistes à présenter des oeuvres et des concepts expérimentaux sur la question de l'intégration du paysage dans la ville. Véritable laboratoire en plein air, où les projets permanents et temporaires se côtoient, le Anyang Public Art Project est né en 2004 et ne cesse de gagner en ampleur. On a pu par exemple admirer en 2006 l'oeuvre du finlandais Sami Rintala, Element House, réalisé en collaboration avec FinnForest, l'espace déterminé par 4 cubes représente les 4 éléments et constitue pour les passants curieux un lieu de pause et de contemplation, composé de morceaux de la forêt voisine et du macadam de Séoul.
Etonnant, créatif mais aussi efficace l'art au service du responsable et du citoyen se révèle riche de possibles, de quoi rendre perplexes les partisans de l'art inutile...