Une Graine de Soleil à la Goutte d'or:
Du 1er au 8 mars 2008 aura lieu la 5e édition du Festival
Bon alors bien sûr, parler d'un festival articulé autour de la journée internationale de la femme qui traite du thème de la prostitution, au coeur de la Goutte d'Or et offre une scène ouverte à de grandes et petites artistes de tous horizons, c'est déjà montrer du doigt le lecteur indigent qui sautera cette page, lassé du bien pensant ou de l'étouffante surpuissance contemporaine des femmes...
Le Festival créé par la Compagnie Graines de Soleil fête ses 5 ans
Le problème avec les belles idées, c'est qu'elles finissent par l'emporter sur leurs réalisations. Qu'elles séduisent ou rebutent. Pourtant, on vous l'assure, c'est encore mieux de l'autre côté des idées. En effet, c'est sans dogmatisme militant que la Compagnie Graines de Soleil produit depuis maintenant 5 ans ce Festival au Féminin qui célèbre les femmes et leur diversité à travers théâtre, peinture, musique, photographie, danse, performance, ateliers de lecture. Ce festival n'est ni sur, ni pour les femmes. Il ne stigmatise pas, ne caricature pas, n'enferme pas. Même pour la bonne cause. Il se contente de poser un regard. Un regard kaléidoscopique et fragmenté sur le monde dans son ensemble. Certes ce regard est posé par des femmes... Pour une fois que c'est le cas, on ne va pas en en faire tout un plat, non plus.
Le corps, l'intimité, la prostitution
Le regard du festival fouille la réalité et en ramène des histoires, personnelles et collectives, en mouvement, en volume, en couleur. Pour sa 5e édition, c'est à travers le prisme du corps, de l'intime et de la prostitution, qu'il a décidé de sonder la diversité du réel. On y croisera alors les chikhates, chanteuses populaires marocaines, adulées et marginalisées pour leur liberté de moeurs et de ton, la voix de Hajja Hamdaouia, personnalité de la télévision marocaine, Karine Saporta, à la chorégraphie provocante, le 7e Kafana, à la fois lieu de rencontres dans les anciennes colonies de l'empire Ottoman et bordel, mis en scène jusqu'à épuisement, Susheela Raman, entre jazz, rock et musiques indiennes et bien d'autres encore. Et puis tout doucement, émergera l'invisible, au coeur de l'identité, mélange incertain de culture, d'éducation, d'histoire familiale, d'apparence physique, mis à nu à force d'être dévoilé. Et on prendra conscience que c'est à force de travail sur elles et les autres que ces femmes d'ailleurs ont fini par vivre en harmonie avec leurs démons. Il ne tient qu'à nous de faire la paix avec les nôtres et de cesser de leur rappeler les leur. Belle morale, pour un festival. Une graine de soleil arrosée de gouttes d'or... et on a bien le droit d'être un peu mièvre, si on veut.
Un parcours dans le quartier de la Goutte d'Or
Et, comme si ça ne suffisait pas, on sera heureux de découvrir le quartier de la Goutte d'Or à travers ses lieux d'art et de culture : le Lavoir Moderne Parisien, l'Olympic Café et l'Institut des Cultures d'Islam, compagnons historiques du festival, se voient rejoints par la Manufacture des abbesses, le théâtre Darius Milhaud ou encore le nouveau centre musical pour les musiques actuelles Fleury-La Goutte d'Or. La Compagnie Graines de soleil pousse à la rencontre, sous toutes ses coutures.
Mais après tout, qu'est-ce qu'on en sait, vous direz-nous à raison ? Le festival n'ouvre ses portes que le 1er mars, et c'est pas parce que TroisTemps est partenaire que c'est forcément bien. Quoique. Alors c'est vrai, on ne vous vendra pas, ce qu'on n'a pas vu. On vous laissera vous déterminer seuls, en toute liberté. Et rien que ça, c'est tout un festival...