« Un nécessaire de voyage » artistique pour le célèbre malletier Hermès
H Box - Le titre de l'opération mécénat menée par Hermès pourrait nous faire penser à la dernière offre d'un fournisseur d'accès internet... et c'est peut être là l'objectif de la célèbre maison avec son programme annuel de commande d'art vidéo : nous offrir de l'art sur un plateau, à la demande, en haut débit...
Des musées itinérants en kit...
H box c'est en fait le nom d'un dispositif voyageur imaginé par l'architecte et designer Didier Fiuza Faustino pour diffuser le travail d'artistes contemporains parmi lesquels Alice Anderson, Yael Bartana, Sebastian Diaz Morales, Dora Garcia, Judith Kurtág, Valérie Mréjen, Shahryar Nashat, ou encore Su-Mei Tse. Le spectateur, invité à entrer dans une boite en aluminium et plexiglas, comme une sardine dans sa conserve, se laisse transporter grâce au dispositif vidéo et sonore de pointe. Légèrement surélevé, comme en lévitation, le vaisseau voyage. En effet, temporairement amarrée au Centre Pompidou jusqu'au 7 janvier dernier, la cellule-réceptacle a depuis largué les amarres en direction de l'Espagne, pour se rendre ensuite au Luxembourg, avant de continuer sa route. L'exposition nomade est à la mode.
Déjà, à l'occasion de la dernière biennale de Venise, Chanel dévoilait la maquette de son propre pavillon d'art itinérant griffé : le Mobile Art conçu par l'architecte Zaha Hadid, lauréate du Prix Pritzker 2004. Cette capsule, entièrement démontable accueillera une exposition d'oeuvres d'artistes contemporains, sous le commissariat de Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction de Beaux Arts Magazine. Les marques se préoccupent de la création contemporaine, ça on le savait. A moins que ce ne soit la création contemporaine qui ne se préoccupe des marques. Mais ça aussi, on le savait. Mais nous on a quand même envie d'ajouter qu'il semblerait que le mécénat n'est plus seulement la vitrine des valeurs de ces marques mais le moyen de se constituer un laboratoire essentiel d'idées futures. Ça vous rappelle pas quelque chose, ça ?
Une démarche parallèle au Palais de Tokyo
En décembre dernier, le Palais de Tokyo nous présentait déjà un projet assez proche. Ce n'était pas exactement un musée mais un lieu d'exposition d'un genre nouveau qui s'était littéralement greffé au musée d'art contemporain : l'Hotel Everland. Placée sur le toit du Musée, comme une moule sur son rocher, l'oeuvre imaginée par deux designers suisses, Sabina Lang et Daniel Baumann, donnait à voir un travail à nous projeter au 36ème dessus, pour peu que nos finances suivent... Le Palais de Tokyo, chantre de l'ambigüité entre l'oeuvre d'art et le produit commercial confirmait une fois de plus son statut polémique. Et on s'arrêtera là sur les métaphores de fruits de mer.