Bizarre biz'art
L'art et l'entreprise. L'entreprise et l'art. L'artreprise, l'entrepart, l'art d'être prise, l'entre lard, on en finit pas de ces combinaisons entre l'art et l'entreprise, et on peut recommencer à l'infini tant les initiatives en la matière sont riches et diverses. Et on ne se lasse pas de le répéter.
Alors quand on a découvert qu'une nouvelle biennale d'art contemporain avait vu le jour pour « susciter et promouvoir le dialogue entre l'art contemporain et le monde de l'entreprise » (selon les propres mots de la commissaire d'exposition Raphaëlle Jeune) eh bien on ne pouvait que s'y intéresser ! Parce que chez TroisTemps, on aime les initiatives intelligentes...
L'idée à l'oeuvre ...
1/ L'entreprise innovante d'aujourd'hui sollicite de plus en plus l'artiste pour intervenir sur ses produits, son fonctionnement et sa stratégie, consciente du bénéfice de cette production symbolique qu'est l'art...
2/ L'artiste lui-même, dans sa quête de nouvelles formes et de nouvelles représentations fait siennes les techniques utilisées par les entreprises parmi lesquelles les nouvelles technologies, la communication, la publicité, le marketing...
Conclusion : La biennale "Les ateliers de Rennes" à voulu mettre à l'honneur les potentialités, les apports mutuels mais aussi les dissonances qui sont le fruit du choc des cultures de l'artiste et du monde de l'entreprise.
Modus operandi ...
Le savant protocole développé par les commissaires de la biennale est d'inviter l'artiste à développer un projet dans le contexte d'une entreprise dans laquelle il est en résidence. Toutes les entreprises sont situées dans la région de Rennes. Chaque artiste produit une oeuvre à partir de son expérience auprès des salariés de l'entreprise ou à partir d'une problématique qu'il y rencontre, cette oeuvre est ensuite présentée dans les différents lieux de la ville investis par la biennale.
C'est ainsi que le passant pourra s'esbaudir sur les multiples propositions artistiques : détournements des moyens de production de l'entreprise à des fins artistiques ou subversives, nouvelles organisations, regards critiques portés sur l'entreprise et ses acteurs...
Et que par-dessus le marché, il pourra réfléchir sur ce monde particulier de l'entreprise, de ses produits et ce regard singulier porté par l'artiste.
Oui, bon, et après ?
Au-delà du contenu de la biennale indéniablement digne d'intérêt, c'est aussi l'initiative que l'on souhaite ovationner. Car la biennale est avant tout le fruit d'une initiative de mécénat, mise en place par l'amateur d'art, Bruno Caron, directeur du groupe agroalimentaire Norac et qui a créé en 2005, pour son groupe, l'association Art Norac afin de promouvoir l'art contemporain auprès d'un large public sur le thème des rapports entre l'art et l'économie. De plus, les entreprises accueillant des artistes financent par la voie du mécénat l'intégralité de leur résidence. Puis, last but not least, l'oeuvre réalisée peut être achetée par l'entreprise pour initier ou compléter sa collection. En bref, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
http://www.lesateliersderennes.fr